Cemetery of splendour

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Cemetery of splendour film de Apichatpong Weerasethakul

par Jacques Sicard

Dans les yeux d’Apichatpong Weerasethakul, l’homme-femme est un être spirituel. Rien d’autre. À l’intérieur de ses limites corporelles que réfléchissent les miroirs et que fixent les photographies comme autant de mensonges, rêves et cauchemars souverains se partagent un territoire d’âme non cartographié. Rêves et cauchemars de veille et de sommeil qui hors du temps s’étendent vite aux mesures d’un empire. Un fond d’indicible repos alimente l’énergie passionnelle nécessaire à leurs évanescentes formes épiques.

Tendu au-dessus de ce fond, un fil de funambule accueille les états intermédiaires ou neutres : contemplation, états seconds, sidération, etc. C’est, à l’heure brune, une silhouette immobile qui le regard dans le vague se ronge les ongles jusqu’au sang. Ou bien la stupeur d’un visage de femme que ventilent en un geste d’esclave les palmes essorées d’un jardin de mousson. Stupeur. Car ce royaume est vide ; en dehors des rizières, il n’y a rien. Que fantasmagories, trains fantômes, chansons de guetteur, mille et une nuits. Existence de géode pour quoi cimetière de la splendeur est trop dire. Et pourtant, bien dire.

 

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